Patience

Patience

« La patience n’est pas simplement la capacité d’attendre – c’est la manière de se comporter lorsque nous attendons ». Joyce Meyer

Ô temps, je te dédis ces journées inutiles,
Autant que je te dédis ces froides nuits futiles !
Je n’ai que faire de ces si faux moments,
Mon cœur est à la dérive dans ce tourment…


Ô temps, je suis las de cet ignoble supplice,
De Tantale, l’on me ravi mille délices !
Tant mon esprit épris est pris ailleurs d’ailleurs,
De ce que mon âme désire avec ardeur…


Ô combien tenté, j’erre et j’attends à terre,
Engourdi, le regard projeté dans les airs,
A l’orée de ces clairières ténébreuses,
Vers cette lointaine lisière lumineuse…


La hâte est un sentiment obsessif qui châtre,
Pour recoller mon cœur éparpillé en quatre :
Folie invasive, furie impulsive,
Persuasive volonté non élusive…


La potence pour abréger mes souffrances,
La potence pour clore cette maudite phase,
Le point pour conclure cette maudite phrase.
La patience pour endurer cette latence,
Par magie transformer cette stase en extase…

Farewell – by ESMA

Parce que la poésie ne réside pas que dans les mots,

Voilà un anime d’une beauté excessive pour ouvrir cette section vidéo…

Un grand merci à ses réalisateurs de l’ESMA (Ecole Supérieure des Métiers Artistiques) !

Résumé :  Après la perte de son bébé durant la grossesse, l’arrivée étrange d’un oiseau dessiné vient ouvrir l’esprit de la jeune artiste pour un nouveau départ!

 

Spleen

merci à Thomas74 qui souhaitait partager cette poésie magistrale.

Spleen : J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans – Charles Baudelaire

J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans.

Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances,
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
C’est une pyramide, un immense caveau,
Qui contient plus de morts que la fosse commune.
– Je suis un cimetière abhorré de la lune,
Où comme des remords se traînent de longs vers
Qui s’acharnent toujours sur mes morts les plus chers.
Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,
Où gît tout un fouillis de modes surannées,
Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,
Seuls, respirent l’odeur d’un flacon débouché.

Rien n’égale en longueur les boiteuses journées,
Quand sous les lourds flocons des neigeuses années
L’ennui, fruit de la morne incuriosité,
Prend les proportions de l’immortalité.
– Désormais tu n’es plus, ô matière vivante !
Qu’un granit entouré d’une vague épouvante,
Assoupi dans le fond d’un Saharah brumeux ;
Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,
Oublié sur la carte, et dont l’humeur farouche
Ne chante qu’aux rayons du soleil qui se couche.

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Catharsis

Pour l’inauguration du blog j’aimerais définir le terme de catharsis qui en fonde la raison d’être, bien que n’en demeure pas l’unique objectif.

N’ayant point les compétences littéraires nécessaires pour palabrer d’Aristote à Freud, cela se veut volontairement simpliste, bien que, cette notion soit fortement sujette à la controverse. Pour cause, le mot « catharsis », du grec ancien, signifie aussi bien la purification que la purgation…

Deux explications lui sont alors possibles.

La Purification Aristotélicienne

Pour Aristote la catharsis créée par l’art purifie l’âme de ses passions. 

Il décrit la tragédie (mais la notion de catharsis s’applique à toute forme d’art) comme moyen d’expulser de soi les tendances mauvaises qui demeurent en nous et ce en les voyant se produire devant nous. Le spectacle permet donc de soulager des tensions refoulées par la réalisation des fantasmes par procuration (imitation). Ainsi la tragédie n’est pas qu’un loisir mais une réelle invitation à méditer sur nous-même. Par les émotions qu’elle suscite, elle nous permet de réfléchir, de purifier notre âme et de nous réconcilier avec nous même d’une part mais aussi avec l’univers d’autre part. Cela a pour conséquence de rendre l’art plus que source d’esthétisme ; in fine l’art révèle notre essence (dimension métaphysique). Certains iront en outre, jusqu’à donner à l’art un rôle de pacificateur et d’apaisement social. 

aristote
Buste d'Aristote

La Psychanalyse

La psychanalyse amène le patient à raconter ses troubles ; sous forme verbale il décrit ses névroses, et ceci participe à l’en libérer. Cela rejoint donc l’hypothèse d’Aristote. Par ailleurs, à l’origine, la psychanalyse était nommée « cure cathartique ». Finalement nous pouvons considérer la psychanalyse comme une « cure de défoulement par la parole »…

La purgation des émotions

N’avez-vous jamais été surpris d’aimer ressentir des émotions négatives relatives à une chanson par exemple ? Le processus cathartique est la transformation des émotions en plaisir. En ce sens l’art est l’occasion d’apaiser une âme troublée en lui proposant un traitement du feu par le feu ; un traitement des émotions par les émotions. L’art se pose alors comme thérapeutique de l’âme et la poésie ne va donc en être qu’un minuscule pan.

En résumé, la catharsis est l’Exorcisme de la peine grâce ou par l’art.

Ainsi ce blog vous permettra de :

      1.      Lire de la poésie et avoir du plaisir en vous libérant de vos émotions négatives
2.      Ecrire de la poésie (cure de défoulement par la parole )

Dysharmonie Temporelle

Dysharmonie temporelle

Pour premier sang, voilà une poésie sur le Temps. De la société moderne; un fléau, cette poésie se consacre à ses maux…

L’outrecuidance du temps qui passe,
Qui outrepasse sa propre guidance,
Qui t’efface avec insolence, 
Me gèle le sang – les os me glace.

 

Il est joie éphémère,
Et père de foi navrante,
Éternellement délétère, 
Agonie désopilante.

 

Il a la candeur d’hier, 
L’amertume de dorénavant,
Écho de l’inique présent,  
Il n’est qu’écliptique chimère.

 

Il est don empoisonné,
Éclat d’avenir sucré, 
Tel un miroir qui se fend,
Une malédiction des ans.

 

A l’aube de la félicité,
Par une nuit claire sonnera,

Le doux glas du dur trépas : 
Sacrée impiété empiétée.

 

Vaine veine vénéneuse,
Aux totaux toxiques.
Verveine fantaisiste,
Injection douteuse.

 

Un soyeux rideau d’étoiles,
Pour clore cette piscine cosmique,
L’heure du dernier feu féérique,
Illuminant une dernière toile…